Histoire des Bijoux
alexandra giuguleaDepuis l’époque où les grottes étaient considérées comme des biens immobiliers de luxe, les êtres humains ont ressenti le besoin de se parer...
Avec les maigres ressources à portée de main, nos prédécesseurs cherchaient à se mettre en valeur en portant des bijoux en os, en dents, en coquillages et bien d’autres encore.
Avec le temps, de nouveaux matériaux précieux ont commencé à être utilisés tout au long de cette histoire des bijoux pour créer des accessoires bien plus complexes. Contre toute attente, l’or, le métal le plus noble, fut le premier sur la liste des découvertes. Grâce à des qualités telles que sa malléabilité, sa couleur singulière et sa résistance à l’oxydation, il est rapidement devenu le matériau favori de toutes les civilisations avancées.
Les débuts de l’histoire des bijoux
Qu’ils cherchent à étaler leur richesse ou à satisfaire un désir purement esthétique, le besoin de posséder des pièces toujours plus impressionnantes a poussé les artisans à se surpasser. La technologie rudimentaire les a amenés à développer de nouvelles techniques comme le filigrane et la granulation. Celles-ci ont donné naissance à des bijoux fins, à l’allure délicatement dentelée.
Peu à peu, les pierres précieuses ont elles aussi été intégrées dans des bagues, bracelets, colliers et autres bijoux. Par exemple, les Sumériens, l’une des plus anciennes civilisations connues, avaient un faible pour Lapis Lazuli. Cette pierre d’un bleu profond, aux veinures dorées, a envoûté philosophes et poètes.
Bien souvent toutefois, elles jouaient aussi un rôle pratique. Les plis des robes et d’autres vêtements avaient besoin de maintien, et l’occasion de les orner à sa guise n’a pas été manquée. Des bijoux rappelant des broches ou l’extrémité d’une ceinture étaient fréquemment décorés selon le port local.
Avec l’avènement du Moyen Âge dans l’histoire des bijoux, on a commencé à accorder davantage d’attention à l’habillement et, par conséquent, aux parures. Une pratique populaire au sein de la noblesse qui pouvait se permettre ce luxe consistait à graver les pièces d’inscriptions.

Par exemple, cette broche en or, datant du XIIIe siècle, est gravée du texte : « Je suis une broche qui gardera cette poitrine afin qu’aucun filou ne puisse y poser la main. »
La beauté comme la valeur de ces objets en font des présents idéaux.
Le cadeau parfait…
Souvent, les amoureux s’offraient de petits symboles de leur amour. Des broches en forme de cœur ou des bagues portaient fréquemment des inscriptions ou de courtes citations reflétant les sentiments derrière le présent. « Mon cœur t’appartient », « Inséparables » ou « Tout mon cœur est à toi pour l’éternité » n’en sont que quelques exemples.
Mais, même si ces petites dédicaces semblent venir du cœur, le plus souvent elles provenaient en réalité d’un répertoire de citations tenu par les bijoutiers. Ces bijoux « personnalisés » des débuts de cette histoire des bijoux ne sont pas très différents de ceux d’aujourd’hui. Que nous nous les offrions à nous‑mêmes ou que nous les recevions de quelqu’un de cher, le Collier en argent Love Letters ou le Bracelet en or Loved transmettent des messages dont la portée transcende les siècles.
Contrairement aux attentes, ces bijoux n’étaient toutefois pas l’équivalent des bagues de fiançailles ou des alliances d’aujourd’hui. Ils symbolisaient plutôt une promesse, ou une preuve d’affection, qu’un engagement. Les véritables anneaux marquant l’union de deux personnes aux XVIe et XVIIe siècles étaient un peu plus particuliers.

Les amoureux de la Renaissance, dans l’histoire des bijoux, préféraient les bagues de type « gimmal ». Celles‑ci sont composées de deux ou plusieurs anneaux qui, réunis, ne forment qu’un tout. Jeunes fiancés, ils avaient l’habitude de porter chacun un anneau jusqu’au jour de la cérémonie. À partir de l’union des deux, la bague reconstituée revenait à la jeune femme.
Jusqu’à aujourd’hui, cette tradition d’échange de bijoux est restée presque intacte. Si autrefois la bague portait de nombreux symboles ou inscriptions, la tendance actuelle penche vers le minimalisme. La pierre qui domine ce type de bijoux est le diamant.
Bien qu’entré relativement tard sur la scène de la joaillerie, dans les années 40, le diamant a bénéficié d’une publicité intensive, devenant ainsi le choix le plus populaire. Plus encore, une promotion agressive en a fait aujourd’hui la référence en matière de bagues de fiançailles.
L’histoire des bijoux au XXe siècle
Rétrospectivement, un leitmotiv du port des bijoux, du passé jusqu’à l’Antiquité, a été l’étalage de la richesse de l’homme. Les cadeaux coûteux dont les femmes étaient parées faisaient office de témoignage vivant de son pouvoir dans la société.
Mais toute cette histoire des bijoux devait changer avec l’arrivée du XXe siècle. La possibilité de gagner leur vie a donné aux femmes la liberté de choisir leur propre style de vie. Ce bouleversement des normes sociales s’est reflété dans le style vestimentaire. Les vêtements ont adopté des coupes simples et fluides, et les bijoux sont devenus la pièce maîtresse de toute tenue.
Les robes dévoilant légèrement les épaules, et qui n’allaient plus jusqu’aux chevilles, n’avaient pas pour objectif immédiat de défier les normes. Elles étaient conçues ainsi pour offrir la liberté de mouvement nécessaire à un mode de vie actif. Le sport, la conduite de voitures de luxe et la danse sur du jazz étaient les activités favorites de la femme « Flapper ».

Probablement pour la première fois dans l’histoire des bijoux, les bijoux ne sont plus portés comme un emblème de richesse, mais pour le plaisir de celle qui les porte.
Coco Chanel, un nom qui n’a rien perdu de sa résonance avec le temps, a réussi, par ses créations, à rompre cette dépendance financière envers les partenaires masculins.
Son style est emblématique, aux coupes simples et d’une modestie inédite, mais aussi plein d’élégance. Si l’ornementation ostentatoire avait jusque‑là été la norme, l’essor de cette tendance a mené au besoin de réinventer les bijoux.
Les femmes étaient désormais encouragées à reprendre le contrôle de leurs propres bijoux. Ainsi, la femme Chanel pouvait se distinguer de ces « cocottes », des femmes aux mœurs douteuses, qui se vantaient à l’excès des cadeaux extravagants reçus de leurs partenaires, en échange des services rendus.
Une arme à double tranchant
Ainsi, de nombreuses femmes choisissaient de porter les bijoux avec élégance, comme témoignage de bon goût et d’indépendance revendiquée. Mais l’évolution des accessoires précieux à l’époque moderne ne s’est pas arrêtée là. L’ingéniosité féminine a trouvé dans les bijoux un moyen d’exprimer les opinions et l’attitude de la porteuse.

Madeleine Albright, une femme de pouvoir qui a occupé le poste de Secrétaire d’État des États‑Unis d’Amérique, a utilisé sa passion pour les bijoux d’une manière inédite. Ses broches sont devenues de véritables instruments diplomatiques par lesquels elle parvenait à transmettre des messages dépassant toutes les barrières culturelles ou linguistiques.
Des symboles tels que la colombe (paix), le soleil (espoir) et même les trois singes sages, tous ont été portés par Albright dans des situations politiques instables. Ainsi, Albright n’a jamais craint d’exprimer son point de vue d’une manière féminine et pleinement diplomatique.
L’histoire des bijoux remonte aux débuts de l’humanité et continue d’être écrite par chacun de nous. La manière dont nous choisissons de porter nos bijoux nous définit. N’hésite pas à choisir les bijoux qui racontent une histoire sur toi, offerts avec amour par Indira Bijoux !
Bibliographie:
Archambault, Ariane. The Visual Dictionary of Clothing & Personal Adornment – Clothing & Personal Adornment. Québec Amerique, 2009.
Bliss, Simon. Jewellery in the Age of Modernism 1918-1940. Bloomsbury Publishing USA, 2018.
—. “'L’intelligence de La Parure’: Notes on Jewelry Wearing in the 1920s.” Fashion Theory, no. 1, Informa UK Limited, Sept. 2015, pp. 5–26. Crossref, doi:10.1080/1362704x.2015.1077652.
Boucher, Francois. 20,000 Years of Fashion: The History of Costume and Personal Adornment. 1959.
DeMello, Margo. Encyclopedia of Body Adornment. ABC-CLIO, 2007.
Friedman, Uri. “How an Ad Campaign Invented the Diamond Engagement Ring – The Atlantic.” The Atlantic, The Atlantic, 13 Feb. 2015, https://www.theatlantic.com/international/archive/2015/02/how-an-ad-campaign-invented-the-diamond-engagement-ring/385376/.
“History of Gold.” Only Gold, https://onlygold.com/facts-statistics/history-of-gold/#:~:text=The%20first%20use%20of%20gold,silver%20mixture%20known%20as%20’electrum. Consulté le 26 août 2020.
Russell, Rebecca Ross. Gender and Jewelry. Rebecca Ross Russell, 2010.
Tait, Hugh. 7000 Years of Jewelry. Firefly Books Limited, 2008.
Turner, Ralph. Jewelry in Europe and America. Thames & Hudson, 1996.
Wilson, Elizabeth. Adorned in Dreams. Rutgers University Press, 2003.

